RESUME
VARIABILITE SELON LE CAPTUREUR
DE L'EFFICACITE DE REPULSIFS A BASE D'HUILES VEGETALES DANS LA PROTECTION INDIVIDUELLE
CONTRE LES PIQURES DE SIMULIUM DAMNOSUM S. L.
Dans le présent article, nous faisons état de la variabilité selon le captureur
de l'efficacité de répulsifs
à base d'huiles végétales appliquées sur la peau contre les piqûres de Simulium
damnosum s. l.
Les expérimentations ont été effectuées en zones
de savane (Chaussée-Niaka) et de forêt (Soubré) de Côte d'Ivoire.
Les formulations (lotions, crèmes) testées lors de ces travaux ont été obtenues
à partir d'huiles d'amande de palme (Elaeis guineensis), de coco (Cocos nucifera)
et de gobi (Carapa procera).
La technique classique de capture sur homme à l'aide de tubes à hémolyse en
matière plastique a été utilisée.
Pour chaque journée d'expérimentation, un captureur non traité (jambes non enduites
de répulsif) servait de témoin. Les résultats indiquent qu'en savane, quels
que soient le répulsif et le captureur, la densité simulidienne se situait de
1 à 4, 1 à 6 et de 2 à 10 simulies par homme et par jour lorsque le captureur
était respectivement protégé avec le coco, le palmiste et le gobi.
Avec les mêmes répulsifs, en zone de forêt, l'agressivité simulidienne variait
de 9 à 16, de 2 à 30 et de 8 à 49 piqûres par jour. En comparaison, le témoin
recevait de 67 à 90 et de 310 à 533 piqûres par jour, respectivement en zones
de savane et de forêt.
Malgré les variations importantes dans le nombre de simulies capturées en fonction
du captureur choisi, nos résultats montrent que quels que soient le répulsif
et l'espèce simulidienne, une protection similaire est conférée à tous les captureurs.
Ils indiquent également que le recours à des substances naturelles locales,
utilisées comme répulsifs en application dermique,
est l'une des meilleures méthodes de protection personnelle contre les simulies.
MOTS-CLES : Simulium damnosum s. l., nuisance , répulsifs,
attractivité individuelle.
* Centre d'entomologie médicale et vétérinaire, 01 BP 2597, Bouaké 01, Côte
d'Ivoire
** Centre Pierre Richet, 01 BP 1500, Bouaké 01, Côte d'Ivoire
L'onchocercose ou "cécité des rivières" est une maladie parasitaire transmise
par la piqûre d'une mouche, la simulie.
L'onchocercose entraine de sérieuses lésions cutanées et dans sa phase finale,
une cécité irréversible.
Plus de 15 millions de personnes sont atteintes actuellement par la maladie
dont la majorité en Afrique.
104 Evaluation de l'efficacité de lotions et de crèmes à base d'huiles de coco
(Cocos nucifera), de palmiste (Elaeis guineensis) et
de gobi (Carapa procera) dans
la protection individuelle contre les piqûres de Simulium damnosum s.l. en Côte
d'Ivoire.
Les résultats de nos expérimentations indiquent que, pour une zone (savane,
forêt), un répulsif (coco, palmiste, gobi) et un support (beurre de karité,
vaseline) donnés, il n'y a aucune différence significative entre les taux de
protection engendrés avec les lotions (maximum : 21 piqûres/homme/jour) et ceux
obtenus avec les crèmes (maximum : 30 piqûres/homme/jour).
Par ailleurs, la lotion d'un répulsif donné s'avère aussi efficace en savane
qu'en forêt, dans la protection contre les piqûres des simulies. Il en est de
même pour les crèmes. Les répulsifs peuvent donc être d'un secours efficace
contre la nuisance simulidienne.
Cependant, les expériences sont à poursuivre pour notamment confirmer la forte
répulsivité des formulations testées, procéder à l'identification des principes
et évaluer la toxicité et l'effet irritant des répulsifs en application sur
la peau.
Journal de la Société Française
de Parasitologie
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www.univ-paris12.fr/www/edsci/parasite/P3V94R10.html
www.pasteur.fr/sante/socpatex/pages/2003n2.html