EUPHORBIA HIRTA
Expérimentations.
Chimique :
L'extrait de la plante entière renferme des substances banales (gomme,
résine, sucre) et des éléments chimiques :
(choline, acide shikimique et tanins). Il a été signalé
la présence d'alcaloïdes, d'acides aminés, de sucres réducteurs
et de flavonoïdes).
Toxicologique :
La toxicité de E. hirta a été très bien étudiée.
Il faut 1 g de plante pour tuer par voie intrapéritonéale une
souris de 30 gr.
Cependant par voie orale, l'extrait de E. hirta est dépourvu de toxicité
et peut être ajouté à la dose de 5% au régime alimentaire
du rat sans provoquer de troubles.
Pharmacologique :
L'activité antibactérienne de l'extrait de E. hirta a été
démontrée par Ndir et Ridet et Charlot ainsi que par Ajao et coll.
Cette plante est inscrite à la pharmacopée africaine depuis 1985
éditée par l'OUA.
Clinique :
Les essais de Ridet et Charlot sur 53 malades de dysenterie amibienne ont montré
l'efficacité d'extrait d'Euphorbia hirta.
A Dakar DALIL a guéri dix cas de dysenterie amibienne avec l'extrait
de la plante.
KERHARO rapporte les expérimentations concluantes sur les amibiens confirmés
de l'hôpital de Conakry avec les extraits de Mbal.
Haaby et coll ont conclu à l'efficacité de l'extrait aqueux lyophilisé
.
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Euphorbia hirta L. (EUPHORBIACEAE)
Dr Elodie Flahaut - Chargée de mission Pharmaciens Sans frontières.
Thème : Un guide d'utilisation des remèdes naturels
Synonyme : Euphorbia pilulifera L.
Noms vernaculaires :
Burkina Faso
Jula : Tuanzingie
Fulfulde : Kasahi Mooré : Walbiisum (« lait de tourterelle » car quand on arrache une tige secondaire, une feuille, une inflorescence,
on aperçoit à la cassure une goutte de suc laiteux)
Bobo : Kulwongo
Bissa : Gazingéré binné
Bambara : Daba da blé
France : La Malnommée, l'herbe à asthme.
1) UTILISATIONS EN MEDECINE TRADITIONNELLE
Données bibliographiques.
La plante est réputée pour trois actions principales que l'on retrouve dans tous les pays tropicaux : antiasthmatique, antidiarrhéique, antiamibienne.
En Asie et dans certains pays africains tels que le Nigéria, cette plante est connue comme médicament contre l'asthme, les bronchites, les maladies respiratoires.
En Afrique de l'Ouest, la plante est surtout connue comme galactogène et antidysentérique (POUSSET, 1989). La plante est utilisée pour de nombreux usages externes : dans le Yaâaga, mais aussi dans la région de Tenkodogo, Koupéla, Zorgho (Burkina Faso) et chez les Bissa, le latex est réputé pour ses propriétés antihémorragiques et cicatrisantes. On l'utilise sur une plaie peu étendue et récente. On coupe la tige et on dépose quelques gouttes de latex sur la blessure. On peut l'utiliser aussi pour soigner des crevasses se produisant au niveau des pieds (POULET 1972).
En Europe, cette plante a été commercialisée en France comme antidysentérique sous le nom de spécialité SOCAMIB° (laboratoire SOCA) mais a été retirée du marché. Par ailleurs elle figure dans le dictionnaire DORVAULT (1995). Ses fruits sont employés en Angleterre et en Australie contre l'asthme et les autre affections des bronches, sous forme d'infusion.
Données issues de nos enquêtes.
Au Burkina Faso, la plante est surtout utilisée en usage interne (décoction de la plante entière à boire et pour se laver) contre les diarrhées et les dysenteries.
En Equateur, la plante est présente dans la majeure partie des communautés indigènes et est utilisée en usage local (latex) pour soigner les blessures (cicatrisant).
2) DESCRIPTION BOTANIQUE
Plante herbacée annuelle, poussant près du sol. Sa tige est mince, cylindrique, souvent rouge et blanche, libérant un suc laiteux à la cassure. Elle est couverte de poils jaunes. Les feuilles sont opposées, lancéolées et mesurent jusqu'à 5 cm de long. Elles sont asymétriques à la base, arrondies d'un côté. Les inflorescences sont en glomérules axillaires et terminaux, avec de petites fleurs jaunâtres en cyathium caractéristique des EUPHORBIACEAES. Les fruits sont des capsules poilues tricoques, qui à maturité vont se diviser en trois, par déhiscence.
La plante peut avoir plusieurs cycles de reproduction dans l'année. Dans les endroits très secs et fortement ensoleillés, elle reste rampante et s'étale en rosettes de petites dimensions. Sur les tiges, les nœuds sont alors très rapprochés et le dessus des feuilles prend une teinte pourprée. En saison sèche, la plante souffre beaucoup et peut disparaître. C'est alors une plante annuelle. Dans les endroits plus frais, E. hirta Linn. reste verte et pousse jusqu'à 40 à 50 cm de hauteur. Elle peut alors être une plante vivace : profondément enracinée, elle a une souche ligneuse. Elle peut ainsi demeurer pendant toute la saison sèche et parvenir à l'hivernage suivant (POULET, 1972).
COMPOSITION CHIMIQUE
Dans la plante entière, on trouve : une résine de gomme, des cristaux d'oxalate de calcium, du sucre, des mucilages, des substances volatiles, des acides mélisylique, palmitique, oléique, linoléique (DORVAULT, 1995), des traces d'alcool cérylique, une huile essentielle ainsi que les acides malique et succinique (KERHARO et ADAMS, 1974).
La tige et les feuilles sont riches en flavonoïdes, dont la quercétine (ESTRADA, 1959 in SOFOWORA,1996).
Dans les parties aériennes de la plante, on trouve : la choline et l'acide shikimique.
LIN et HSU, 1988 (in SOFOWORA, 1996) ont démontré la présence d'afzeline, d'acide protocatéchuique, d'acide gallique, d'inositol, de kaempférol, d'acide mélissique, de myricétine, de quercétine et de quercitrine dans une fraction chromatographique de la plante responsable d'une activité antiulcère.
ESSAIS (CHIMIQUES, PHARMACOLOGIQUES, CLINIQUES)
Il a été montré que la plante contenait deux principes actifs, l'un exerçant une action de stimulation spasmodique et l'autre une activité antispasmodique. L'acide shikimique a été identifié comme le principe actif responsable de l'effet antispasmodique et anticonvulsivant, la choline ayant l'effet inverse (NEUWINGER, 1996). L'extrait alcoolique des parties aériennes de la plante contenant de l'acide shikimique était effectivement utilisé dans le traitement de l'asthme, de bronchites (IWU, 1993). Ce principe actif possède une activité antispasmodique neurotrope qui assure une myorelaxation des muscles lisses des bronches et de l'intestin, entraînant la suppression des spasmes bronchiques et intestinaux.
La plante utilisée sous forme de poudre produit une augmentation du développement des glandes mammaires suivie d'une sécrétion accrue de lait chez les cobayes avant la puberté (SOFOWORA, 1996). Ces affirmations confirment l'utilisation de la plante comme galactogène. De nombreux essais pharmacologiques in vivo ont montré que l'extrait total de la plante possède une activité prolactinique propice au développement mammaire.
La « substance E » (similaire mais non identique à la choline) isolée par RAO et GANAPATY, 1983 (in NEUWINGER 1996) montre une solide activité antibactérienne contre les bactéries Gram+ et Gram-. Elle inhibe les bactéries cause de dysenteries telles que : Shigella dysenteriae et Sh. flexneri (responsables de dysenteries bactériennes), mais aussi Entamoeba histolytica (dysenteries amibiennes), Escherichia coli, Staphylococcus aureus et Salmonella typhi.
Cette découverte justifie l'utilisation traditionnelle dans las dysenteries.
Une étude clinique très importante (RIDET & CHARTOL in POUSSET 1989) sur 53 malades a montré l'efficacité d' un extrait de la plante sur une épidémie de dysenterie amibienne.
7) TOXICITE
La toxicité de la plante a été bien étudiée et a été reconnue nulle par l'Institut Pasteur de Dakar, par voie orale (POULET, 1972). La plante peut donc être utilisée sans danger. Sa tolérance est très bonne en décoction pour le traitement de dysenteries ou de crises d'asthme.
FORME GALENIQUE ET DOSAGE
Aux doses administrées, nous avons obtenu d'excellents résultats dans des cas de dysenteries amibiennes et diarrhées.
Teinture 1 :3
1 cuillère a café 3 fois par jour pendant 3 jours (Adulte)
Sirop
Selon l'age de l'enfant
9) INTERET
L'usage de ce médicament traditionnel amélioré en forêt est a valoriser pour plusieurs raisons :
permet de contourner le problème de l'accessibilité géographique et du coût du Métronidazole (3 fois plus cher)
permet de contourner l'effet antabuse du Métronidazole problématique en foret (la boisson traditionnelle des indiens shuars est la chicha - manioc fermenté).
permet aussi de lutter contre l'acculturation de ces populations ; de valoriser les ressources locales ; la plante est abondante dans ces communautés.
Tableau comparatif avec les médicaments occidentaux : >> Lien
Contact : Elodie Flahaut :
psf_puyo@hotmail.com ou elodie.flahaut@libertysurf.fr
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EMPLOIS
On peut facilement utiliser l'Euphorbia hirta pour faire disparaître une amibiase ou une dydentérie.
Il suffit de boire 3 jours de suite une décoction de 100 grammes de plante
dans l'eau.
De même, cette préparation fait disparaître les crises d'asthme
par dilatation des bronches.
La tolérance de cette préparation est très bonne et n'a
jamais donné lieu à des intolérences,
alors que certains produits commerciaux, en particulier les antiamibiens, sont
très mal supportés par quelques malades.
Recette.
Le meilleur remède contre la dysenterie amibienne : L'Euphorbia
Hirta.
jeudi 18 juillet 2002, par Paul Ouédraogo, Sénégal.
1°
Pour adulte : Cueillir 4 ou 5 tête de 5 cm. Rincer à l'eau propre,
croquer et avaler avec un demi verre d'eau, trois jours de suite.
Vous pouvez recommencer l'opération 15 jours plus tard.
2° Pour les bébés : un brin
terminal de 5 cm, lavé à l'eau, pilé et mélangé
à 2 cuillerées de bouillie prête à manger, matin
et soir,
deux à trois jours.
Cette plante est très répandue
en hivernage. Vous en trouverez près des points d'eau…
Faites en provision pour le reste de l'année.
Que Dieu vous donne la santé !
On peut l'utiliser aussi préventivement
pour protéger ses poules : chaque semaine, faire une infusion avec cette
plante,
et remplacer l'eau que vous donnez à vos poules par cette infusion.