NOM COMMUN :
 Iboga.
NOM UNIVERSITAIRE :
 Tabernanthe iboga.
DESCRIPTION :


FAMILLE :
Apocyanaceae.
AUTRES APPELLATIONS :
Eboka, Ebaga, Eboga. Eroga.
PARTIES UTILISÉES : Racine.
ORIGINE : Gabon.
L'Iboga est un petit arbuste à latex d'environ 1,50m, fréquent au Gabon,
au Congo, en Centrafrique et en
Guinée Equatoriale.

COMPOSITION :


Alcaloïdes principaux (racines) : ibogaïne, tabernanthine. ibogamine .

Alcaloïdes secondaires : ibogaline, coronaridine, voacangine, isovoacangine conopharyngine.


HISTORIQUE

L'Iboga fut mentionnée pour la première fois en Europe en 1819 comme plante psychotropique dans un ouvrage sur le Gabon paru en Angleterre. En 1864, un officier médecin de la Marine , Griffon du Bellay, décrivit son usage comme stimulant et aphrodisiaque et en rapporta des échantillons en Europe.
La première description botanique de l'iboga est l'oeuvre de Dybowski et Landrin et date de 1889.
En 1901, ils isolèrent de l'écorce de la racine le principal alcaloïde auquel ils donnèrent le nom d'ibogaïne.
Ils démontrèrent que cet extrait possèdait les mêmes propriétés psychoactives que la racine.
Quelques préparations furent commercialisées à partir des années 1935, utilisées comme stimulant ou comme anti-asthénique, ou encore comme produit dopant pour les militaires et les sportifs.
Il semble que les propriétés psychoactives de la plante aient été ignorées durant cette période,
du moins en Europe. Ces préparations furent retirées du marché en 1966.
La structure chimique de la molécule d'ibogaïne fut établie après de longues recherches en 1958.
Le premier à avoir expérimenté l'effet psychotropique est  Howard Lotsof , qui continue de se battre
depuis 30 ans pour son utilisation médicale officielle dans la lutte contre les toxicomanies.
( Voir le Protocole Lotsof )

- - - - - -

MEDECINE

Dans un domaine d'utilisation courante, l'Iboga est employée principalement comme un puissant stimulant et comme coupe-faim par les chasseurs, pour combattre la fatigue et rester éveillé, accroître l'agilité et l'endurance, la concentration, et maintenir un effort physique important durant une longue période.
La décoction de racine est utilisée traditionnellement contre l'asthénie physique et intellectuelle,
la dépression nerveuse, comme anti-toxique et comme aphrodisiaque. L'ibogaïne est également utilisée
en psychologie et psychiatrie car elle permet des régressions jusqu'à la prime enfance.

Mais l'intérêt principal de l'Iboga, ce qui en a fait sa notoriété –si l'on peut dire- dans le monde médical, est la propriété des dérivés de la plante pour le sevrage des drogues dures, principalement héroïne et cocaïne. Plusieurs expériences menées par des scientifiques américains et japonais, ainsi que par le professeur Gassita au Gabon ont permis de démontrer l'action thérapeutique remarquable de l'Iboga pour
le sevrage et la désintoxication des toxicomanes et des alcooliques.
Elle pourrait, à terme, remplacer efficacement la méthadone.

"La puissance des dérivés de l'Iboga permet de couper rapidement la dépendance aux drogues dures". (Gassita)
Une seule prise suffirait.

Des études récentes ont démontré que même si l'ibogaïne peut être considérée comme un hallucinogène puissant, elle n'engendre aucune pharmacodépendance, et il a été prouvé qu'elle supprime la dépendance aux opiacées, aux amphétamines, à la cocaïne, au LSD et même à l'alcool et au tabac .
Devant l'intérêt croissant des milieux médicaux internationaux pour le petit arbuste, afin de protéger son essence et mettre fin à son exportation illicite, l'Iboga a été déclarée

"Patrimoine National et produit stratégique" par Mr Omar Bongo,
Président de la République du Gabon.

- - - - - -

 " LA PLANTE QUI OUVRE LA TÊTE "

Mais l'Iboga n'est pas seulement une plante à usage médicinal.
Elle est considérée comme sacrée par les Pygmées, pour lesquels elle représente la force et les mystères de la forêt. Cette plante est au cœur d'un culte à caractère initiatique connu sous le nom de Bwiti.
Les rituels liés à cette tradition furent très certainement développés et élaborés au cours des ages
par les Pygmées puis par les Bantous, qui la transmirent en y mêlant les rites qui leurs étaient familiers, notamment le culte des Ancêtres. L'absorption de l'Iboga et l'initiation au Bwiti réorganise la vision du monde en permettant à l'initié adolescent de mourir et de renaître comme un nouvel homme au sein de
son environnement social.  (la tribu).
La consommation rituelle de la plante permet de supprimer temporairement la notion d'individualité,
(c'est bien le "moi", l'ego qui est "tué") et suscite un état ou ne subsistent plus les concepts de vie, de mort, de présent, de passé et de futur.
C'est l'expérience ultime, la preuve vécue et tangible de l'existence de l'au-delà de la vie, par l'immersion de l'adepte dans un fleuve intemporel où se meuvent les souvenirs de la collectivité à laquelle il appartient, ainsi que les expériences de tous ceux qui l'on précédé.
Pour ce faire, le corps meurt et reste sur la terre, tandis que l'âme s'en va vers le pays des ancêtres.

La cérémonie d'initiation, longue et complexe, peut durer plusieurs jours. ( Cérémonie Bwiti )
A son terme, le nouvel initié est confié à une jeune femme ayant récemment accouché, pour parfaire son nouvel état de "nouveau né".

Je voulais voir Dieu,
Connaître les secrets du monde
Les secrets des morts et contempler les terres de l'au-delà.
Alors, j'ai mangé de l'Eboga…
J'ai marché et volé sur une longue route multicolore
Et au dessus de nombreuses rivières…
Au delà d'une forêt profonde, je suis arrivé devant une grille de fer noir.
Je ne pouvais passer cette barrière …
Je vis aussi une multitude de gens noirs qui également ne pouvaient passer.
Plus loin, tout était très lumineux, l'air était lumineux.
Alors, mon père est arrivé d'en haut sous la forme d'un oiseau,
Et il m'a donné mon Nom secret, mon Nom Eboga
Qui me permit de voler derrière lui par-dessus la grille de fer….

A la lumière de ce texte relatant le voyage d'un initié Bwiti, et en considérant ce document avec le recul nécessaire, on s'aperçoit que les rituels liés à l'Iboga et les visions qui en découlent ne sont pas des événements isolés, que ce soit sur un plan géographique ou culturel.
Ils ne sont pas sans rappeler les récits et les rituels de certaines sociétés à caractère ésotérique,
- maçonnique ou rosicruciennes - ou d'autres pratiques chamaniques utilisant le pouvoir des plantes ou ''Les Plantes de Pouvoir", notamment celles décrites par C. Castañeda à propos de son expérience avec L'herbe du Diable (Datura Stramonium).
D'autres comparaisons avec des textes plus anciens pourraient être établies, avec certains recueils d'alchimie notamment, ou certains traités de démonologie, concernant "les eaux corrosives",
les "breuvages magiques" et les "onguents des sorcières".


 



 

 

Téléchargements

Fonds d'écrans
Images d'Afrique

-------------------

Liens

Phytothérapie
Afrique
Recherche
Plantes médicinales


------------------