Sur Phytolacca dodecandra (Endod)
Du savon contre les escargots nuisibles
Environ 300 millions d'individus en Afrique, en Asie, en Amérique latine
et dans les Antilles souffrent de la schistosomiase,
ou bilharziose; 600 millions d'autres personnes sont exposées à
la maladie. Les victimes sont infectées par des eaux de surface
où vivent des escargots hôtes de parasites, les schistosomes.
Ceux-ci causent des éruptions cutanées et pénètrent
dans le foie par le sang; ils peuvent envahir d'autres parties du corps,
causant fièvres et diarrhées, et endommagent les poumons et le
système nerveux central.
La schistosomiase est difficile à traiter et la meilleure façon
de réduire le taux de mortalité est de prévenir l'infection
en tuant
les escargots qui sont les vecteurs du parasite.
En 1964, un jeune scientifique éthiopien, Aklilu Lemma, était
envoyé au nord de son pays pour enquêter sur une grave éruption
de schistosomiase. Il voulait savoir comment le parasite était passé
des escargots aux victimes. Il observa alors que des villageoises lavaient leur
linge dans un cours d'eau avec, pour savon, les baies d'une plante qu'elles
appelaient endod. (Endod
est le nom éthiopien
de la baie de la plante Phytolacca dodecandra,
qui est commune en Afrique subsaharienne, en Amérique du Sud et en Asie.)
Lemma nota ses observations :
"Dans les endroits où des femmes lavaient le linge
avec la baie de cette plante, je remarquai la présence de nombreux escargots
morts
qui flottaient à la surface des eaux. Curieux, je pensai qu'il y avait
une relation entre la plante et les escargots. Je ramassai une poignée
de ces mollusques vivants et demandai à une femme de les arroser d'un
peu d'eau savonneuse. Aussitôt, après un léger bouillonnement,
tous les escargots étaient morts" (Nichols, 1982).
Des escargots morts ont été observés dans une rivière
immédiatement en aval d'où les habitants du lieu lavaient leurs
vêtements avec l'endod local disponible, tandis qu'en amont et plus loin
en aval de ces sites de blanchisserie, des escargots vivants étaient
abondants.
D'intenses travaux de recherche suivirent pour Aklilu Lemma et ses associés.
L'OMS a publié les résultats.
Lors d'une expérience particulière, on a appliqué de l'endod
sur les plaies de personnes infectées et on a contrôlé le
nombre de
contacts de celles-ci avec les eaux contaminées. L'expérience
s'avéra un succès.
En 1989, Aklilu Lemma et son collaborateur, Legesse Wolde-Yohannes,
reçurent le prix du " Right Livelihood ", qu'on dit être
" l'autre prix Nobel ", pour leurs travaux sur l'endod. " Selon
moi , affirmait alors le principal chercheur, notre recherche n'avait pas pour
objectif d'imposer une plante donnée comme solution au problème,
mais de trouver une approche : un produit local que les villageois sont prêts
à cultiver ou à produire sans avoir à épuiser la
devise nationale (si nécessaire pour d'autres projets) ".
En 1993, l'OMS a prévu expérimenter l'endod sur une grande échelle en Afrique à la fois comme détergent et comme moluscicide (contre les escargots).
Des études ultérieures réalisées
en Ethiopie par l'équipe de l'Institut de Pathobiology et ont référencé
l'endod comme une plante puissamment molluscicide, tuant tous les vecteurs schistosomal
dans des concentrations semblables à d'autre composants chimiques de
propriétés analogues.
__________________________________________________________________
Sources : extrait de ''VENTS DU SUD''
http://www.idrc.ca/library/document/101888/chap4f.html
Lien : Centre de recherches pour le développement international :
http://web.idrc.ca/fr/ev-38771-201-1-DO_TOPIC.html
BILHARZIOSES
Les bilharzioses (ou
schistosomiases) sont des affections parasitaires dues à un petit vers,
le trématode, du genre Schistosoma, qui, infestent le système
veineux et entraînent chez l’homme des troubles urinaires, intestinaux,
hépatiques et spléniques (dans la rate).
Le mode de contamination par ces parasites est très original.
Les femelles adultes, tapies dans les fines veinules de la vessie ou de l’intestin
de l’homme, pondent des œufs qui s’éliminent avec les
urines et les fèces. Ces œufs ne donneront naissance à une
larve, appelée miracidium, que dans une eau douce et de 20 à 25
0C : marigots, rizières, ruisseaux, rivières. La larve ne survivra
que si
elle rencontre rapidement un tout petit mollusque d’eau douce, nécessaire
à son développement .
Pendant un mois, cette minuscule larve va évoluer chez le mollusque,
puis va s’en échapper sous l’aspect d’une autre larve,
à queue fourchue, la cercaire, longue d’un demi-millimètre.
L’homme se contamine, au cours d’une baignade, d’une marche,
les pieds nus, en terrain inondé. Les parasites traversent la peau, cheminent
dans les lymphatiques et les veines jusqu’au cœur, atteignent les
poumons puis la glande hépatique et deviennent adultes en deux mois environ.
Après accouplement, les femelles fécondées se séparent
du mâle et vont s’établir pour des années dans leurs
réseaux veineux de prédilection,
Les femelles pondent d’innombrables œufs, qui finiront par tomber
dans la vessie ou l’intestin de l’hôte, prêts à
contaminer
à nouveau les eaux douces.
Pour le touriste, la meilleure prophylaxie consiste à éviter toute
immersion dans les eaux contaminée
La gravité de la maladie se mesure par le nombre d’oeufs retrouvés
par gramme de selles.
Il existe plusieurs variétés de Schistosoma
:
1) Schistosoma haematobium
(bilharziose vésicale ou hématurie d’Egypte). Cette maladie
est contractée par les individus marchant pieds nus dans les terrains
humides, spécifiquement dans les pays situés dans le Moyen-Orient
et en Afrique.
Symptômes Tout d’abord, le malade présente une affection
cutanée à l’endroit de pénétration des cercaires
(larves de schistosomiase) se traduisant par l’apparition d’une
dermite papuleuse s’accompagnant d’un prurit (démangeaison).
A celle-ci s’associent des symptomes tels que :
De la fièvre, des maux de tête (céphalées),
des troubles intestinaux, quelquefois
une urticaire (réaction allergique) géante.
Ce n’est qu’après un délai de
trois mois que le parasite, une fois devenu adulte, s’installe dans les
veines de la vessie du patient.
Ceci se traduit par des difficultés à uriner, une pollakiurie
(fréquence exagérée des mictions qui sont peu abondantes)
et une
hématurie (présence de sang dans les urines) dont la caractéristique
est de survenir en fin démission de l’urine (hématurie terminale).
L’examen des urines au microscope montre la présence des oeufs.
La cystoscopie (visualisation directe de l’intérieur de la vessie
par l’intermédiaire d’un tube muni d’un système
optique) montre de petites zones hémorragiques et des tumeurs de coloration
framboisée.
D’autres localisations du parasite sont possibles : dans l’appendice,
dans les poumons, au niveau de la conjonctive.
Les complications susceptibles de survenir après une infestation par
Schistosoma haematobium sont des ulcères, des calculs,
une insuffisance rénale, des fistules urinaires (communications anormales),
une hydronéphrose (augmentation de volume des cavités rénales
à la pression exagérée), des papillomes (ressemblant à
des verrues) et un cancer de la vessie.
2) Schistosoma mansoni (bilharziose intestinale, splénomégalie
égyptienne).
Cette maladie se retrouve au Moyen-Orient, en Amérique du Sud, en Afrique
ainsi que dans les Caraïbes. Le parasite vit à l’intérieur
de la veine porte (veine drainant vers le foie le sang de la rate et des organes
digestifs), à partir de laquelle les femelles migrent vers le foie, la
vésicule biliaire et les veines du gros intestin où elles vont
pondre.
Symptômes
Diarrhée s’accompagnant de déshydratation (pertes importantes de liquide par l’organisme)
Cachexie (dénutrition à un stade terminal) progressive
Hépatosplénomégalie (augmentation de volume du foie et de la rate)
Cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire)
Les complications susceptibles de survenir sont une occlusion
intestinale (arrêt du passage des matières et des gaz), une hématémèse
(vomissements de sang), une cirrhose du foie (dégénérescence
des tissus hépatiques), une fibrose pulmonaire (pouvant être à
l’origine d’une défaillance de la pompe cardiaque), une appendicite
subaiguë (d’évolution relativement rapide se situant entre
aiguë et chronique).
La présence d’œuf dans les selles confirme le diagnostic.
Les œufs présentent une caractéristique particulière
: ils possèdent des épines latérales. Quelquefois, la biopsie
(prélèvement) du rectum sert également au diagnostic.
3) Schistosoma japonicum (bilharziose artérioveineuse,
schistosomia intestinale, maladie de Katayama).
Cette maladie se voit tout particulièrement en
Extrême-Orient où elle est endémique (permanente).
Le parasite est plus petit que pour Schistosoma mansoni et Schistosoma et haematobium.
Il vit dans les artérioles et les veinules de l’intestin grêle
de l’homme. On le retrouve également chez les bovidés et
d’autres animaux.
Le patient présente une fièvre élevée, une urticaire
et un œdème angionévrotique.
Celui-ci est constitué par une collection d’eau située soit
dans le derme (partie profonde de la peau) soit dans l’épiderme
(couche superficiellle de la peau) ou dans les muqueuses de certains viscères.
Le laboratoire retrouve un nombre élevé de globules blancs de
type éosinophiles (variété de globules blancs apparaissant
quand il existe une parasitose.) Tardivement apparaît un syndrome de dysenterie
(présence de sang dans les selles) associée à une anémie.
Quelquefois, mais très rarement, le patient présente une complication
cérébrale accompagnée d’épilepsie de forme
bravais-jacksonienne. L’épilepsie bravais-jacksonienne est une
épilepsie partielle se caractérisant par des secousses localisées
d’un groupe musculaire des bras ou du visage et pouvant s’étendre
à la moitié du corps. Le labo pose le diagnostic en mettant en
évidence les œufs dans les selles des patients et éventuellement
en effectuant une biopsie du rectum.
4) Schistosoma intercalatum (bilharziose rectosigmoïdienne).
Cette forme s’observe essentiellement en Afrique occidentale.
5) Schistosoma mekongi, forme de Schistosoma
qui se rencontre en Thaïlande et au Laos.
Laboratoire
Il montre une élévation des anticorps antibilharziens et un taux élevé d’éosinophiles.
Le traitement
- de Schistosoma haematobium : du métrifonate, de l’oxamniquine
ou de la praziquantel.
- de Schistosoma mansoni : de l’oxamniquine en dose unique en Amérique
du sud et en trois doses en Afrique, ou de la praziquantel.
- de Schistosoma japonicum, Schistosoma mekongi, Schistosoma intercalatum :
la praziquantel trois fois par jour 2 jours de suite.
Pronostic et prophylaxie
Quand l’infection est traitée assez tôt,
et quand le patient est protégé d’une infection, le pronostic
est favorable.
Education et contrôles sanitaires, élimination des matières
fécales (construction de latrines), absence de contact avec les eaux
de surface infestées (installation de puits), destruction des mollusques
par des moyens chimiques, contrôle des zones d’irrigation, si possible
filtrage et désinfection des eaux, baignade dans les eaux autorisées.
Vaccination (pour l’instant, elle n’est envisageable qu’à
petite échelle).
Suivi
Recherche des œufs dans les selles 3 à 12 mois après
le traitement.
________________________________________________________________________________
Extrait de vulgaris medical :
http://www.vulgaris-medical.com/textb/bilharzi.html